Mon dharma
- Mar

- 13 juin 2020
- 4 min de lecture
Ecrire sur le yoga n'est pas une de mes compétences. Le monde du yoga est vaste et infini. La pratique du yoga nous apprend qu'au quotidien "nous vivons dans une bande de conscience étroite en suivant des routines identiques." Notre esprit est un iceberg et le yoga nous permet de développer cette conscience étroite vers une réalité beaucoup plus large. Le yoga m'a toujours invité à croire qu'au-delà du réel, dans l'intangible se trouve une vérité universelle et équitable nous permettant de développer nos pleins potentiels en tant qu'être humain changeant.
Alors je n'écris pas sur le Yoga mais sur mon expérience du Yoga.
J'ai débuté le yoga sur un tapis à faible coût, d'une couleur criarde et d'un bouquin de yoga banal mais où chaque posture était détaillée pour trouver un alignement juste. La vérité c'est que pendant 2 ans, j'avais honte de faire du yoga. Je ne souhaitais pas méditer, ni respirer, tout ce que je voulais c'était être capable de toucher mes pieds en posture de la pince et tenir 30 secondes dans le posture du guerrier 2. Je me rappelle peu ces premières sensations épineuses mettant à mal mon corps sorti d'une maladie l'ayant affaiblie. Je ne me rappelle pas vraiment les raideurs, les facilités ou même les impressions.
Mes souvenirs sont au nombre de 3 sur le tapis : je me rappelle intérieurement cette auto-discipline (tapas, je l'ignorais alors que mon yoga était déjà bien plus que postural) que je me suis obligée à prendre. Pratiquer chaque jour un minimum de temps dans un hatha yoga intuitif en enchaînant des postures. Je fermais la porte de ma chambre, une lumière douce, des musiques relaxantes sur youtube et me voilà partie vers les postures de yoga. Cette auto-discipline était naturelle, et grâce à elle j'ai pu améliorer mes asanas de plus en plus. Mon deuxième souvenir c'est lorsque je choisissais méticuleusement les postures les plus simples du bouquin que j'avais pour guide. Rien d'extraordinaire, aucunes contorsions juste un alignement juste dans la posture du bâton (dandasana). Je me rappelle à quel point maintenir mon dos droit était difficile, combien j'utilisais mes mains pour soulever mon crâne vers le ciel. J'étais un véritable bâton. Mais j'ai continué encore et encore. Aujourd'hui, c'est une posture ressourçante pour moi, elle me permet de sentir la puissance dans mon ventre, l'ouverture dans mon coeur et le calme dans mon mental. C'est une des rares postures qui a à un passif dans ma pratique physique du yoga. Mon dernier souvenir se trouve dans le maintien des guerriers 2. Je comptais 30 secondes. Puis je respirais. Je me souviens comme cela me faisait trembler, comme cela m'énervait. J'étais une guerrière prête à foncer vers un mur juste par égo. Aligner, mon corps ne répondait qu'à cet ego me poussant à rester. Rester dans rien. Néanmoins le corps répond. Désormais je ne prends jamais cette posture pour résister, je la prends pour drapeau blanc, je suis devenue une guerrière de lumière car même si tout est compliqué, je me tiens droite, et forte et surtout, j'ai appris à respirer.
Le yoga m'accompagne chaque jour pour introduire cette notion d'espace. L'espace de liberté qui nous permet de développer notre plein potentiel. Après de longues années à penser que je ne méritais pas de faire du bruit ou prendre de la place, par ma pratique des asanas j'ai acquis un espace intérieur bien plus vaste que l'espace physique qui m'entourait. J'ai alors compris que c'est mon énergie intérieure qui rayonnera plus fort que tout ce que je peux donner à voir en façade. Si tu brilles dedans, tu irradieras dehors. Tromper par des sourires de façades ne réussira qu'à te duper toi-même. Par la pratique des postures de yoga, par l'alignement physique j'ai pu me sentir à la maison même dans mes tourmentes intérieures. Ce qu'il y a de magique, c'est part la respiration que je trouve désormais mon point de concentration me permettant de performer une posture avec un alignement juste pour mon corps mais surtout un alignement intérieur juste. La posture de yoga a été pour moi avec le temps l'outils me permettant de sentir le dedans. Aussi sombre ou lumineux qu'il soit, faire face à ce qui est ne fait plus peur.
Voici un bref témoignage de mon expérience personnelle et intime de ce que m"apporte le yoga. Chacun sommes libres d'entretenir une flamme. La flamme de l'intensité, la flamme de la passivité, la flamme de l'amour, la flamme de la haine. Choisir d'entretenir ma flamme intérieure, c'est entretenir la flamme de l'amour de soi et de l'autre. J'ai appris à aimer qui je suis. Je suis contraire et lutter contre mes contraires n'a plus de sens lorsque l'amour est placé au centre du processus de transformation. Je suis paradoxale, je suis perpendiculaire, circulaire. Je suis positive, négative. Lunaire et solaire, passive et active. Enthousiaste, aventureuse mais aussi routinière et craintive. Intuitive et réservée, je suis contraire.
Et toi, es-capable de reconnaître ces défauts qui te rendent aussi unique? N'oublions pas d'être imparfaits, c'est le mieux pour ne pas s'ennuyer.
J'ai des combats intérieurs prenant beaucoup de mon énergie mais chacun peut s'identifier à cette notion d'amour inconditionnel : le travail, un projet personnel, une relation, un don. Si d'amour nous sommes faits, c'est d'amour qui nous pouvons trouver un peu plus de sérénité intérieure.
Mahalo, Aloha. Mar.





Commentaires